Assurer le bon financement de la dialyse péritonéale à domicile

Édito publié le 27 Novembre  2025

Assurer le bon financement de la dialyse péritonéale à domicile

Les évolutions projetées du financement de la dialyse péritonéale à domicile avancent dans un climat de tensions croissantes, tant les incohérences tarifaires et les conséquences opérationnelles menacent aujourd’hui l’équilibre des établissements. Depuis des mois, la FHP-REIN et les autres parties prenantes au dossier alertent les autorités sur l’impact des notifications d’indus adressées par les CPAM, qui fragilisent une modalité pourtant au cœur des orientations nationales en matière de prise en charge à domicile. Alors que la dialyse péritonéale doit être encouragée, les établissements se retrouvent confrontés à une application stricte et soudaine de la réglementation intégrant les honoraires infirmiers dans le forfait, à rebours des pratiques historiques. Cette évolution, appliquée sans transition, sans concertation ou information des acteurs concernés, crée un surcoût immédiat et non compensé, mettant en péril la continuité des prises en charge.

Dans ce contexte déjà si instable, les propositions récentes d’un rééquilibrage financier à enveloppe constante ajoutent à la confusion. La perspective d’une revalorisation de la dialyse péritonéale financée par une baisse des tarifs en centre et/ou en UDM est tout simplement incompréhensible pour absorber les surcoûts liés aux soins infirmiers, mais elle risque également d’accentuer les distorsions entre modalités. Les tarifs du centre et de l’UDM étant quasiment identiques en 2025, toute diminution indistincte conduirait à priver de sens la hiérarchie tarifaire, alors même que les contraintes techniques et humaines, et donc de coûts, du centre demeurent plus importantes. Redonner de la cohérence implique de rétablir un différentiel clair, respectueux des réalités organisationnelles, de charge en soins, ce qui suppose que l’effort financier ne pèse pas sur le centre mais sur les autres modalités si malheureusement une réallocation devait être envisagée.

Face à ces difficultés, notre demande de moratoire jusqu’en 2027 n’est pas un report de responsabilité mais la garantie de maintenir l’offre, d’éviter des ruptures territoriales et de permettre une véritable transition vers le futur modèle tarifaire. Les établissements de santé ont besoin de visibilité, de stabilité et de données chiffrées transparentes pour évaluer les scénarios envisagés. À défaut, c’est l’ensemble d’une modalité stratégique pour l’autonomie des patients qui risque d’être mise à mal dans son développement, au détriment des ambitions mêmes de la réforme.

Vincent Lacombe
Président FHP REIN

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